Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /Jan /2009 17:23



Le travail présenté par Raymond Galle peut se concevoir comme une métamorphose, passage d’un état à un autre selon une conception et des méthodes artistiques fondées sur la transformation de l’existant.

 

Au point de départ il y a des affiches, enfermées dans des panneaux lumineux, comme on en voit dans toutes les villes du monde. Ces images sont des multiples, elles sont reproduites à des millions d’exemplaires afin d’être vues par des millions de personnes le temps d’une campagne publicitaire, un peu comme s’il s’agissait d’une exposition à l’échelle du pays. En général il s’agit de photos représentant des corps ou des visages humains associés à une marque ou à un produit, les premières étant destinées à faciliter la vente des seconds.

 

À l’arrivée il y a des peintures, pièces uniques d’où le message publicitaire a complètement disparu pour donner place à des portraits visibles en des lieux affectés aux expositions d’oeuvres d’art.

 

Ce travail est un exemple des relations complexes entre photographie et peinture. Ici, on part d’une photo pour arriver à une peinture, tout en restant à égale distance entre l’une et l’autre, mais en modifiant certains éléments du visage pour retrouver les archétypes sous-jacents. L’élimination du message publicitaire opère un glissement symbolique de la sphère marchande vers la scène artistique. En effet, alors que la photo d’un visage sur l’affiche sert à capter l’attention du consommateur sur le produit, la suppression de toute référence à une marchandise quelconque vise à redonner au visage toute son individualité de personne. En rendant singulier un visage tiré à des millions d’exemplaires, le peintre cherche à désactiver symboliquement le dressage publicitaire qui consiste à soumettre les existences aux modèles comportementaux standardisés de la consommation.


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Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /Déc /2008 22:53

Une logique gagnante 

 

Toute la force attractive de la Bourse repose sur le principe d’une relation simple 

entre le gain et la performance d’entreprise. L’indice boursier résume ce qui est 

présenté comme une évidence : les gains s’élèvent ou chutent selon que les 

résultats de la firme sont bons ou mauvais. Le gain du spéculateur étant assuré par 

la prospérité de l’entrepreneur, l’un est l’autre sont embarqués dans une 

communauté de destin, ils sont indiscociables et solidaires. L’activité boursière est 

une activité rationnelle fondée sur une logique gagnante bien identifiée qui contraint 

le spéculateur à n’effectuer ses placements qu’en collant à la réalité du terrain : s’il 

veut gagner il doit garder les yeux bien ouverts sur l’entreprise. Cette logique de 

connivence est présentée comme la seule logique gagnante, s’en écarter c’est 

prendre le risque de voir se former une bulle. La bulle illustre la tendance néfaste 

des spéculateurs qui, en perdant de vue la réalité du terrain, se sont laissé emporter 

par des espérances de gains irréalistes, ils ont procédé à des investissements dont 

l’attente de résultat a surestimé la capacité des entreprises à les satisfaire. La bulle 

est présentée comme une dérive, le lieu d’une irrationalité dangereuse déconnectée 

de la réalité. Les spéculateurs, qui se sont laissés gagner par la croyance dans le 

fait que l’investissement boursier n’est qu’un jeu spéculatif non gagé sur une réalité 

concrète, doivent revenir à des comportements plus rationnels. Pour ça, une série 

d’outils sont mis à leur disposition ( comparaisons statistiques, modélisation 

mathématique, simulations, prévisions, graphiques, bilans...). A défaut, le krach se 

chargera de sanctionner leur cécité. Avec son cortège de lamentations, de faillites et 

de défenestrations, le krach fonctionne comme un repoussoir de comportements 

déconnectés du réel, il tient une place majeure dans le dispositif qui vise à ancrer la 

Bourse dans le champ visuel de l’économie. 

 

évidence ou croyance ? 

 

L’évidence d’une convergence d’intérêt entre la Bourse et l’économie est 

empiriquement et théoriquement discutable. Le spéculateur vient en Bourse pour 

acheter une marchandise dont il espère un gain à la revente, le producteur de la 

marchandise attend lui aussi un gain de la vente de la marchandise qu’il a produite, 

tous deux attendent un gain de la même marchandise. Fondamentalement ce 

partage soustend un conflit idéologique et pratique majeur entre placement financier 

et production industrielle. La Bourse, loin d’être le lieu d’une régulation du partage 

est plutôt  l’endroit où éclate le conflit entre la finance et la production. Le krach 

boursier nous renseigne sur l’enjeu de ce conflit. En effet, tandis que les 

spéculateurs essuient des pertes colossales, les entrepreneurs en profitent pour se 

renforcer au moindre coût par le biais d’achats d’entreprises dévalorisées, de 

fusions, restructurations, prises de participation...c’est à dire que la destruction de 

capitaux financiers sert le capital industriel. Finalement, l’évidence de rapports 

convergents entre spéculateurs et entrepreneurs apparaît comme une croyance dont 

la fonction est de dissimuler des rapports fondamentalement divergents. 

 

Le krach boursier : irrationnalité ou rationalité supérieure ? 

 

En Bourse il existe une rationalité qui fait office de croyance, une croyance très utile 

lorsqu’il s’agit de désigner les responsables d’un krach : les spéculateurs emportés 

par des comportements irrationnels. Par irrationalité on entend aussi bien la fraude 

que la perte de repère ou l’attraction du jeu, car la Bourse doit être moralisée et 

recentrée sur une logique qui associe et complémentarise les intérêts des agents en 

présence. Aussi faut-il faire toute la clarté sur les pertes, réclamer la transparence, 

braquer les projecteurs sur tout ce qui a désuni pour repartir sur la base solide d’une 

logique gagnante. Cette coyance, qui présente le krach comme un accident de 

parcours, comme une sanction, dissimule le fait qu’en réalité le krach est la finalité 

boursière. Une logique qui sert à attirer puis à fixer les excédents financiers grâce à 

une offre de service et une logique de gain simple et rationnelle. La Bourse est un 

lieu de collecte du capital excédentaire. Ce capital financier qui peut, 

occasionnellement, aider certains fragments concurrents du capital industriel, finit, 

globalement, par entrer en concurrence avec le capital productif, lequel en arrive à 

ne plus pouvoir donner satisfaction à ses exigences. Aussi faut-il abaisser ses 

prétentions, détruire une partie de cet excédent pour redonner le leadership au 

capital industriel dans la conduite d’un nouveau cycle d’accumulation. Ceci n’est pas 

réalisé par les agents économiques mais par le mécanisme du krach. Le krach règle 

le conflit récurrent entre capital financier et capital productif, il redistribue les cartes, 

en dernière instance au profit du capital productif, car c’est à partir de là qu’un 

nouveau cycle d’accumulation se prépare. 

 

Logique gagnante ou logique de perte ? 

 

La logique gagnante, qui fait de la Bourse le lieu de rapports complémentaires et 

convergents entre spéculateurs et entrepreneurs, n’infirme en rien l’existence d’une 

logique perdante basée sur des rapports conflictuels qui fait du krach le moment où 

le capital excédentaire est détruit. Les deux logiques ont besoin l’une de l’autre, l’une 

pour séduire et pour regrouper les énormes excédents financier, l’autre pour les 

supprimer. Au fond, la Bourse recycle en le rationalisant à l’échelle mondiale, 

l’archaïsme de la dépense improductive et de la perte tel que l’a décrit G. Bataille 

dans son ouvrage “ la part maudite “.  G Bataille voulait rapprocher le problème posé 

par les crises du problème général de la nature, dont l’énergie produite en excès est 

sans cesse détruite, gaspillée, dilapidée. Le principe même de la matière vivante, 

nous dit Bataille, veut que les opérations chimiques de la vie soient créatrices 

d’excédents, tout comme les plantes, tout comme l’arbre qui perd ses feuilles à 

l’automne pour les retrouver au printemps. Le processus d’accumulation capitaliste 

obéit aux mêmes lois, il utilise la Bourse pour accumuler les excédents financiers 

afin de les détruire pour relancer l’accumulation productive. Le krach, hémorragie 

financière, gaspillage exubérant de liquidités excédentaires, imite la nature, mais en 

le cachant, ce que l’art tente de révéler. 


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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 16:35

Deux sculptures de Raymond Galle sont visibles à Gigondas toute l'année 2009


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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 09:28


Il n'y a plus aucun doute, les marchés sont entrés dans une phase émotionnelle. Télés, journaux, radios, se relaient pour diffuser l'information d'un paysage qui s'est terriblement assombri. Tout en haut des nuages de couleur noire s'accumulent, tandis qu'un épais brouillard recouvre la terre, la tempête fait rage et les banques entrées dans la tourmente sont dans l'oeil du cyclone. En bas, le système détraqué vacille sur le sable mouvant des mauvaises nouvelles. Partout la nervosité, partout la déroute, une spirale baissière entraîne les marchés vers le fond. Les valeurs plient, les indices plongent, les Bourses décrochent, dévissent et s'effondrent en faisant un bruit sourd de pertes records. Les dégâts s'annoncent considérables.
Les investisseurs ont tissé autour d'eux un scénario des plus noirs. Leur inquiétude est palpable, certains les ont vus trembler devant le gouffre des pertes qui s'est ouvert sous leurs pieds. C'est le désarroi, la déroute, la panique, la peur irraisonnée, tout donne à penser que leur confiance a été ébranlée. Les coups portés au moral des investisseurs les ont douché, aussi broient-ils du noir. Le pessimisme les guette, la déprime les gagne, ils s'enfoncent dans la morosité. C'est qu'un virus les a contaminés, ils ont été empoisonnés par des produits toxiques disséminés dans leurs portefeuilles. Telle une arme de destruction massive, l'infection véhiculée par eux va s'amplifier et se propager à l'ensemble de l'économie. Tout le monde sera touché, c'est ce qui se murmure un peu partout.
Octobre maudit pour les marchés boursiers. Pas seulement pour les marchés. Les marchés, euphorisés par la hausse des cours, sont plombés par la baisse. C'est que le gain stimule l'euphorie tandis que la perte nourrit le pessimisme, les saisons n'ont rien à voir dans tout ça, perdre ou gagner, voilà ce qui influe sur le psychisme de l'investisseur. Mais pas seulement sur sa psychologie à lui. Quand les Bourses chutent et que le krach révèle des pertes abyssales dont l'évaluation dépasse la capacité mentale de l'homme ordinaire, alors c'est toute l'espèce qui se met à broyer du noir. Toutes ces liquidités que le krach boursier efface de l'ardoise d'un seul coup de torchon affecte ceux-là même qui n'ont jamais joué en Bourse. De fait une ambiance délétère inonde la planète déjà copieusement polluée par les gaz d'échappement des voitures. Impossible d'échapper à la morosité.

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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 16:35

Le 200 RD 10 est dirigé par Raymond Galle et Cathy Allanno. Un lieu qui accueile depuis plusieurs années des expositions d’artiste. Ce lieu d’art contemporain est situé sur la route allant dans la commune de Vauvenargues. Une bastide entièrement rénovée en un espace de création et d’exposition artistique.

Association 200RD10 Les Lamberts 13126 Vauvenargues 04 42 24 98 63 200rd10@free.fr

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  • : Raymond Galle
  • : Blog de Raymond Galle, artiste plasticien et écrivain.

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